[lecture] Ibicus de Rabaté

Ibicus en BD, c’est avant tout l’histoire d’une méprise ! Pascal Rabaté, son auteur, grand admirateur de l’oeuvre de Léon Tolstoï, est un jour tout content de dénicher dans une brocante une vieille édition d’un livre illustré du maître de la littérature russe : Ibicus. Seulement voilà, une fois rentré chez lui, il se rend compte que le volume est en réalité signé Alexis Tolstoï, parent de Léon, mais pas Léon lui-même. Rabaté désillusionné met donc le livre de côté et ce n’est que des années après son acquisition, et à court de lecture, qu’il ouvre ce livre qui le happe tout entier, tant la diablerie de l’écriture y est bien ficelée.

Il en ressort une bande dessinée fleuve, dont l’intégrale pèse 500 pages, tracées à coups de pinceau de noir, de blanc et de nuances de gris, qui donnent souvent l’impression que les personnages sont vus comme le reflet apparaissant à la surface de miroirs déformant. Et pour cause, c’est bien de déformation dont il est question ! Le héros, Siméon Nevzorov, petit comptable pétersbourgeois des années 1910 à la vie insignifiante, s’entend prédire par une tzigane qu’à mesure que la guerre et la destruction s’empareront de son pays, sa fortune sera immense. Confiant dans cette annonce, le comptable va de vie en vie comme un cafard survivant à toutes les péripéties, de Saint Petersbourg à Moscou puis Kharkov, Odessa et Istamboul, navigant entre famines, fusillades, séances de torture, et s’improvisant tour à tour antiquaire, vendeur de peaux de bête, organisateur de salles de jeu clandestines, maquereau, comte…

L’histoire est folle et son adaptation est celle d’un amoureux de ce récit sans mesure. Lecture impressionnante !

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