[lecture] Pilules Bleues & Oleg de Peeters

Dans la catégorie BD touchante sous forme de récit de vie, Monsieur Frederick Peeters se pose là ! Pilules Bleues (2001) et Oleg (2021) sont deux petits bijoux en noir et blanc d’une tranche de vie, celle de l’auteur, avec tout ce qui fait la saveur d’un parcours personnel et familial : rires, larmes, trouilles, et on recommence.

Sans être véritablement l’un la suite officielle de l’autre, on retrouve bien les mêmes personnages avec 20 ans d’écart, avec pour les deux volumes des angles narratifs différents. Pilules Bleues a une résonnance particulière pour qui a eu 20 ans en 2000. En effet, Frederick raconte sa rencontre avec Cati à l’adolescence et la façon dont celle-ci deviendra la femme de sa vie, des années après alors qu’elle et son fils sont séropositifs. Ce titre est l’occasion de balayer tous les clichés qui ont la vie dure au sujet de la maladie, depuis la sexualité jusqu’au désir d’enfant. C’est aussi une illustration d’un moment de vérité dans l’expérience de la maladie : les réactions, positives et négatives, attendues et surprenantes dans l’entourage proche, dans la vie en société. Beau, simple, sincère, résolument vraie BD : Peeters manie la case et donne vie dessinée aux idées avec beaucoup d’originalité. Une histoire d’amour, mais pas que. Une histoire de dépassement de soi et de ses appréhensions, celles de la malade et celles de son compagnon, assurément. Mais surtout, sans misérabilisme et avec le pari réussi de faire sourire au sujet d’un thème pas facile.

Oleg poursuit l’exercice. 20 ans après, la vie avec la maladie n’est plus une découverte. Elle fait partie des meubles. C’est en revanche vers la vie de famille que se porte l’attention de l’auteur, ainsi que sa crise d’inspiration. Le trait s’est affiné, la fluidité de la narration est toujours là. On suit avec plaisir cette famille où les parents recherchent la bonne distance avec leurs ados, où le travail et les envies de se réaliser sont des enjeux sensibles, où la menace sur la santé, bien qu’admise, est toujours présente. Vraiment à lire et à offrir, avec disons le une préférence pour le premier 🙂

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