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La Passe-Miroir de Vanyda
Eh bien me voilà mitigé au sujet de cette Passe-Miroir, sortie BD pour laquelle j’ai été enthousiaste. Premier tome de l’adaptation en bande dessinée du roman de Christelle Dabos par Vanyda, les Fiancés de l’hiver oscillent entre univers plaisant et intrigues de cour à l’intérêt relatif. Sans doute un volume d’exposition avant de rentrer plus avant dans les véritables enjeux de l’histoire. A suivre donc.
Ophélie, jeune femme issue du monde d’Anima, est promise en mariage à Thorn, intendant (c’est-à-dire comptable public) du monde du Pôle. Les jeunes promis n’éprouvent rien l’un pour l’autre et leur union nous est présentée dès le départ comme résultant d’un calcul des deux familles. L’enjeu de ce premier livre consiste à dévoiler petit à petit la raison de cet arrangement. Cela nous conduit à suivre les premiers pas de notre jeune héroïne dans un univers dont elle ne connaît pas les codes, dans une vie de cour où elle découvre mépris et sournoiseries, auprès de sa nouvelle famille à l’ambiance plus froide encore que celle de ce nouveau pays.
C’est indéniablement beau. C’est indéniablement bien construit côté cases. On se dit que cela a du nécessiter une somme de travail monstre, avec minutie et souci du détail. A titre personnel, j’aurais préféré que l’intrigue se déroule sur le monde d’Anima tant l’atmosphère m’y est apparue infiniment plus sympathique. Mais disons, dans son ensemble, univers crédible, riche de personnages, de leurs pouvoirs et de liens d’amitié et de rivalité qui offrent un background au potentiel intéressant.
C’est côté scénario que, de mon point de vue, je n’ai qu’en partie trouvé mon compte. Pour le dire simplement : ces intrigues de cour ne m’ont pas passionné. Voire même, j’ai eu par moment le sentiment que cela tirait un peu en longueur de façon forcée. Autre aspect qui m’a un peu laissé en zone grise : l’écriture des personnages. Il m’a semblé difficile de comprendre les motivations de certains d’entre eux. Alors, cela tient en partie à la découverte progressive de la raison liée à ce mariage. Mais qu’il s’agisse d’Ophélie, de Thorn ou de la tante Berenilde, pas toujours évident de comprendre à quoi renvoie leurs attitudes respectives. Berenilde en particulier d’ailleurs, celle-ci oscillant entre dureté excessive, correspondant à sa culture familiale, et flanchages à des moments de l’histoire où je n’ai pas compris la justification.
Lorsque j’ai acheté la BD, une jeune femme en faisait également l’acquisition, tout à fait enthousiasmée par cette adaptation. Elle m’a dit ne pas lire de BD par ailleurs, mais juste être toute heureuse de cette déclinaison de son histoire fétiche. Et j’ai trouvé cela très chouette. Mais après lecture, j’ai l’impression que sans avoir lu les romans j’ai loupé un truc…
Donc bien, mais un chouille déçu tout de même. Cela ne m’empêchera toutefois pas de faire l’acquisition du 2è tome pour en apprendre d’avantage sur ce monde bien construit et le cœur de ses enjeux.









