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Les dieux ont soif d’Anatole France
Amoureux de romans historiques et de révolution française, je ne peux que vous recommander les dieux ont soif d’Anatole France dont je termine la lecture. On suit le destin tragique d’Evariste Gamelin, jeune artiste, révolutionnaire et républicain convaincu, tendance montagnarde dure, robespierriste fervent, qui se voit proposer un rôle de juré au sein du tribunal révolutionnaire de sa section.
Ce poste va canaliser toute la piété vertueuse politique du jeune homme au service de l’entreprise judiciaire aveuglément sanguinaire du moment, la terreur. Convaincu d’œuvrer pour le bien des citoyens, son histoire illustre le mouvement de balancier dans la réponse violente apportée à la fin de la tyrannie du régime précédent.
Une œuvre utile à lire dans notre période tumultueuse de tectonique des plaques des systèmes politiques nationaux et internationaux. Le roman illustre la façon dont l’enthousiasme politique, nourri par un idéal de société libre et égale, va progressivement muer en recherche de pureté et volonté meurtrière. On voit Evariste quitter le rationnel et la compassion pour se dédier corps et âme au programme qui doit s’accomplir.
Une œuvre qu’il est intéressant de rapprocher du monument qu’est le Quatrevingt treize de Victor Hugo, qui porte quant à lui son regard sur la Vendée, lieu d’affrontement entre royalistes et républicains. Œuvre intime et mise à plat de l’auteur, fils d’un officier républicain puis général d’Empire et d’une mère issue de la bourgeoisie nantaise. Les deux livres ont pour thème la zone grise au sein de la tempête politique qui, par nature, passe tout en logique “eux contre nous”.
Et puis, bon hein, c’est écrit dans une langue française qu’elle se déguste bien volontiers !









